BIOGRAPHIE

Julie Esteban est une photographe française, née en 1989 à Bordeaux.
Elle pratique la photographie de manière professionnelle depuis 10 ans et travaille différentes techniques picturales pour les conjuguer avec son travail photographique.
Elle crée la matière sur différents supports qu’elle numérise afin de pouvoir créer des montages avec ses photographies. Elle peut aussi directement ajouter la matière à même le tirage photographique.

Après avoir vécu en Suisse, aux Etats-Unis et à Londres, elle vit aujourd’hui dans le sud de la France en Provence. Ces voyages lui ont permis de s’émanciper et de découvrir d’autres cultures. Elle a également découvert le street art, la street photographie et s’est formée à la technique d’impression : la sérigraphie.

Le portrait est devenu l’essentiel de son travail.
C’est l’échange avec le modèle et l’interaction qui donnent du sens à son engagement photographique.
Lorsque elle a réalisé la série « The impossible is not a think », elle a rencontré, échangé et travaillé avec ces personnes plusieurs mois auparavant. Travailler auprès des personnes avec un handicap lui a beaucoup appris sur les capacités physiques et intellectuelles que chacun peut développer malgré les obstacles.
Rien n’arrête une personne qui est déterminée à vivre et à vivre telle qu’elle le souhaite en sachant que l’impossible n’existe plus.
La capacité d’adaptation est immense et  la résilience infinie.

Le travail d’autoportrait est venu après une commande pour des photographies de bijoux en Suisse.
Les questions que soulèvent ce travail sont nombreuses.
« Comment continuer à faire du portrait et du nu si je ne me confronte pas à l’appareil ?
Je me suis alors mis à nu devant l’appareil, ce fût difficile au début puis libérateur !
Sentir la lumière, jouer avec elle, ne dévoiler que ce que je veux.
Après ça je peux mieux réaliser les portraits et les photographies de nu.
J’ai appris sur moi et ma technique photographique. »

Puis un glissement s’est opéré de l’autoportrait vers l’abstraction. Comme si le flou inhérent au regard sur soi, l’avait amenée à porter aussi un regard  moins net sur les autres. Afin de mieux ressentir leur présence, d’appréhender la matière des corps avec douceur et émotion, Julie prend le parti de travailler en argentique.

« Je trouve une alchimie avec l’argentique moyen format qui est mon appareil de prédilection. Je m’intéresse à différentes techniques de peintures pigmentaires, la recherche de la matière prend une part de plus en plus importante dans mon travail. Ce qui m’a amené aujourd’hui à allier les deux dans mes créations. »

La matière qu’elle crée lui permet de rendre ses photographies plus vivantes et de cacher ou de suggérer l’âme au delà des corps.

Son parcours de vie et artistique l’ont emmenée à vouloir s’engager en tant que femme et photographe à traiter les questions suivantes :

  • Quelle est la place des femmes artistes dans la société ? et dans l’art ?
  • Quel regard porte-t-on sur les personnes en situation de handicap ?
  • Comment retrouver le lien avec son corps suite à une maladie grave ?

Références : 

Diane Arbus et son travail sur les « freaks »
Frida Kahlo qui a travaillé sur la représentation d’elle même dans la maladie.

Julie Esteban is a French photographer, born in 1989 in Bordeaux.
She has been practicing photography professionally for 10 years and is working on different pictorial techniques to combine them with her photographic work.
She creates the material on different media she scans in order to create montages with her photographs. She can also add the material directly to the photographic print.

After living in Switzerland, the United States and London, she now lives in the south of France in Provence. These trips allowed him to emancipate himself and discover other cultures. She also discovered street art, street photography and training in printing technique: screen printing.

The portrait has become the essence of his work.
It is the exchange with the model and the interaction that gives meaning to his photographic commitment.
When she did the « The impossible is not a think » series, she met, exchanged and worked with these people several months ago. Working with people with a disability has taught him a lot about the physical and intellectual abilities that everyone can develop despite obstacles.
Nothing stops a person who is determined to live and live as he wishes, knowing that the impossible no longer exists.
The adaptability is immense and the resilience infinite.

The self-portrait work came after an order for jewelry photographs in Switzerland.
The questions raised by this work are numerous.
« How do I continue to do portraits and nudes if I do not confront the camera?
I then naked in front of the camera, it was difficult at first and then liberating!
Feel the light, play with it, only reveal what I want.
After that I can better realize portraits and nude photography.
I learned about myself and my photographic technique.  »

Then a shift was made from self-portraiture to abstraction. As if the blur inherent in the look on oneself, had led her to also take a less clear look on others. In order to better feel their presence, to apprehend the matter of the bodies with sweetness and emotion, Julie decides to work in film.

« I find an alchemy with the medium format film that is my favorite camera. I am interested in different techniques of pigment paints, the search for the material takes an increasingly important part in my work. What brought me today to combine the two in my creations. »

The material she creates allows her to make her photographs more vivid and hide or suggest the soul beyond the body.

Her life and artistic journey led her to want to become involved as a woman and a photographer in dealing with the following issues:

What is the place of women artists in society? and in art ?
What is the view of people with disabilities ?
How to find the link with your body following a serious illness ?

References :

Diane Arbus and her work on « freaks »
Frida Kahlo who worked on the representation of herself in the disease.